Zilon : l'histoire de l'homme qui a engendré le street art montréalais
Avant les festivals, les permis et Instagram, il y avait une seule lettre sur le mur : un « Z ». Voici l'histoire de Raymond Pilon — Zilon — le punk qui a appris à Montréal que la rue pouvait être une toile.
Un enfant de l'underground
Né à Laval en 1956, Zilon grandit dans le Montréal brut et électrique de la fin des années 1970 et 80 — celui des concerts punk, des squats et des murs nocturnes. Là où la plupart des gens passaient devant le béton nu, lui voyait des surfaces qui attendaient une trace. Il se met à signer son « Z » stylisé partout en ville et devient, presque par accident, l'un des tout premiers à faire entrer le graffiti dans la culture visuelle québécoise.
Le visage devenu signature
Du graffiti à la peinture en passant par le dessin, un motif revenait sans cesse : un visage stylisé et habité — brut, expressionniste, reconnaissable entre tous. C'était du punk au sens le plus vrai, qui refusait le vernis. Cette énergie l'a mené bien au-delà de la rue, jusqu'à la mode et même l'art du jeu vidéo, sans jamais perdre l'urgence d'une chose peinte vite, dans le noir, parce qu'elle devait exister.
Du mur au musée
Les institutions ont fini par le rattraper — Vancouver en 1989, Ottawa en 1990, et en 2019 une véritable rétrospective, « Zïlon et le Montréal Underground », à l'Écomusée du fier monde. À sa mort en 2023, les hommages l'ont appelé le père du street art montréalais. Chaque artiste que L'Original défend aujourd'hui emprunte un chemin qu'il a ouvert.
