Mateo Humano : l'histoire des tapis qui se changent en visages
Regardez de près l'un de ses murs et le motif d'un vieux tapis persan se résout lentement en un visage de femme. Voici l'histoire de Mateo Humano — l'artiste né en France et installé à Montréal qui a fait entrer l'ornement baroque dans le street art.
Un ornement déplacé — volontairement
Le street art est d'ordinaire bruyant et rapide ; Mateo a pris le chemin inverse. Son geste signature reprend la beauté lente et tissée des tapis d'Orient et de Perse et la décline au pochoir sur le béton, où les motifs minutieux se fondent en portraits féminins. C'est un langage baroque et décoratif que presque personne d'autre ne parle sur un mur — de la céramique au textile en passant par les tapis, aussi naturellement que les façades.
Ce que racontent vraiment les motifs
Sous la beauté affleure une question : qui sommes-nous sous les motifs dont nous héritons ? Son travail tourne autour de l'identité, de l'héritage et de la force féminine, et de la manière dont la culture de masse érode l'individu. Plus de vingt ans de peinture de rue ont porté cette question en France, au Canada, aux États-Unis, en Espagne, au Maroc et en Amérique latine.
Un chapitre montréalais
Montréal est devenue l'une de ses maisons, et le Festival MURAL l'une de ses scènes — notamment sa murale « Más » en 2016. Son street art patient et ornemental appartient à la même histoire que raconte L'Original : une ville d'artistes urbains dont les œuvres originales méritent qu'on vive avec, et pas seulement qu'on passe devant.
