Labrona : l'histoire des visages qui voyagent sur les rails
Quelque part en Amérique du Nord, en ce moment même, un train de marchandises roule avec un visage de Labrona peint sur le flanc — un personnage mélancolique et coloré filant vers une ville qui ne saura jamais qui l'a envoyé. Voici l'histoire de l'un des artistes de rue les plus discrètement poétiques de Montréal, et l'un des artistes représentés par L'Original.
Une école dans les gares de triage
Né à Magog en 1972, Labrona s'installe à Montréal en 1997 pour étudier l'art à Concordia. Mais sa vraie formation se fait après les cours, dans les gares de triage et les ruelles, aux côtés de son mentor et complice de toujours, Other (Troy Lovegates). Il y apprend une leçon qu'aucune galerie n'enseigne : une peinture peut quitter la maison et parcourir le continent toute seule.
Les maîtres anciens, renaissant au crayon gras
Ses visages multicolores signature — et ses relectures des « maîtres anciens » — empruntent à l'expressionnisme allemand, au muralisme mexicain et aux icônes religieuses, puis les dépouillent jusqu'à quelque chose de tendre et d'humain. Peints au crayon gras sur l'acier rouillé, ils transforment les wagons en un musée errant et accidentel qui emporte le street art montréalais bien au-delà des limites de la ville.
Le retour à la maison, en galerie
Le monde a remarqué. Labrona a peint des murales avec l'organisme MU à Montréal, exposé à Los Angeles, Paris, New York et Londres, et participé à des festivals du MURAL à Living Walls. Mais les trains continuent de rouler — et désormais la même main réalise des œuvres d'atelier originales que l'on peut enfin garder. À L'Original, vous pouvez offrir un foyer à l'un de ces visages voyageurs.
