Pourquoi aimons-nous l'art ? La psychologie de nos préférences
Cet article s'appuie sur mon mémoire de maîtrise : Verdier, D. (2024). « Comment servir la démocratisation de l'Art chez les citoyens dans le contexte numérique de 2024 ? » M.Sc. gestion de l'innovation sociale, HEC Montréal (dir. Rafael Ziegler).
L'ouverture à l'art dépend de qui nous sommes : notre psychologie, notre personnalité, nos expériences et notre contexte. Comprendre pourquoi une œuvre vous touche — par la couleur, l'émotion ou le type de personnalité — vous aide à choisir des pièces que vous aimerez encore dans des années.
L'émotion et la couleur d'abord
La perception est la première couche de l'expérience de l'art — couleur, forme, texture (Silvia, 2005, sur les réponses émotionnelles à l'art). La théorie de la valence écologique de Palmer et Schloss montre que nous préférons les couleurs liées à ce que nous aimons : notre goût des couleurs est émotionnel, pas arbitraire. C'est pourquoi la palette d'un tableau décide souvent si une pièce paraît calme, chaleureuse ou vivante.
La personnalité oriente ce que l'on remarque
S'appuyant sur Jung, Isabel Briggs Myers a bâti le MBTI (1921) pour cartographier les préférences psychologiques. Utilisé avec souplesse, c'est une grille utile : les personnes à dominante Sensation apprécient les œuvres concrètes, détaillées, texturées ; celles à dominante Intuition sont attirées par l'abstrait, le conceptuel, le symbolique ; les profils Perception préfèrent un art expérimental, spontané, qui sort des règles.
Trois types de public — et la projection
Colbert & d'Astous (HEC, 2021) résument le goût culturel en trois profils : les esthètes (œuvres denses, exigeantes, abstraites), les cérébraux (sens, réponses, faits) et les sombres (sujets dramatiques, obscurs). Quel que soit le vôtre, percevoir une toile, c'est en partie se percevoir soi-même — nous projetons des traits humains sur les œuvres, une forme d'identification projective (Bolgert, 2003).
