Co-créer l'art : l'effet IKEA et l'engagement citoyen
Cet article s'appuie sur mon mémoire de maîtrise : Verdier, D. (2024). « Comment servir la démocratisation de l'Art chez les citoyens dans le contexte numérique de 2024 ? » M.Sc. gestion de l'innovation sociale, HEC Montréal (dir. Rafael Ziegler).
Le cœur de ma recherche, c'est la co-création : ce qui se passe quand les citoyens participent à la fabrication de l'art qui les entoure. Il s'avère que participer ne procure pas seulement du plaisir — cela change la valeur, la durabilité et le sens de l'œuvre.
L'effet IKEA : l'effort crée l'attachement
Participer à la fabrication d'un objet le rend plus aimé et conservé plus longtemps — l'« effet IKEA » (Norton, Mochon & Ariely, 2012). Une œuvre sur mesure en est un cas net : le citoyen aide à concevoir la toile, et le résultat est chéri plutôt que jeté. Dans un monde matérialiste du jetable, cet attachement fait de l'art un bien durable, pas une image jetable.
Une toile est un miroir
Percevoir une toile, c'est d'une certaine manière se percevoir soi-même — une forme d'identification projective (Bolgert, 2003). La plupart des commandes sur mesure sont des portraits de proches, d'animaux ou de souvenirs. La participation active enrichit l'œuvre et accélère l'innovation artistique (Goudarzi & Gioti, 2016) : le citoyen passe de consommateur à co-auteur.
Le flow, le sens et la durabilité
Les arts et l'artisanat figurent parmi les activités les plus propices au « flow » pour le plus faible impact environnemental (Isham & Jackson, 2022). La co-création mobilise cet état pour produire des biens durables et porteurs de sens. La tension est réelle — rémunérer justement l'artiste tout en élargissant l'accès — mais commander un original à un artiste vivant est une co-création qui respecte les deux parties.
